1781-1876Shinshinto (L'esprit de la restauration des anciens sabres)
新々刀
Shinshintō
Le mouvement de « Restauration des anciens sabres » (Kotō Fukko) proposé par Suishinshi Masahide a brisé la stagnation technologique de l'époque Shintō et insufflé une nouvelle vie aux sabres japonais. La dernière apogée de la forerie de sabres japonais – incarnée par la résurrection de la tradition Sōshū symbolisée par le « Yotsuya Masamune » de Minamoto Kiyomaro et la recréation méticuleuse de la tradition Bizen par Koyama Munetsugu – représente l'aboutissement d'un esprit d'harmonie entre l'étude du passé et l'innovation, prenant pour modèles les chefs-d'œuvre des anciens sabres.
Forgerons célèbres:Suishinshi Masahide (Edo, période Tenmei à Bunsei) – Fondateur de l'ère Shinshinto et initiateur du mouvement de Kotō Fukko. Auteur du « Traité Pratique de la Forerie de Sabres et d'Épées », il souligna la stagnation technologique des sabres Shintō et proposa l'étude et la recréation des techniques de forerie des anciens sabres, en particulier de la tradition Bizen. Son approche érudite exerça une profonde influence sur l'étude scientifique des sabres ultérieure et il forma de nombreux disciples éminents.Taikei Naotane (Edo, période Bunka à Kaei) – Disciple de haut rang de Masahide possédant une habileté extraordinaire capable de recréer au plus haut niveau les cinq traditions : Bizen, Sōshū, Yamashiro, Yamato et Mino. Sa maîtrise permettait de forger avec aisance tous les types de hamon, du tōji-midare de la tradition Bizen à la fukidashi de la tradition Sōshū, démontrant une versatilité inégalée parmi ses pairs. Ses créations se distinguaient par l'absence de variations de qualité et le maintien d'une excellence constante.Minamoto Kiyomaro (Yotsuya, Edo, période Tempō à Kaei) – Le maître-forgeron suprême de l'ère Shinshinto, porteur du surnom « Yotsuya Masamune ». Originaire de la province de Shinano, il vint à Edo et établit sa forge à Yotsuya, entreprenant une étude approfondie des chefs-d'œuvre de Masamune et des autres grands maîtres. Il ressuscita glorieusement la fukidashi majestueuse de la tradition Sōshū, créant des œuvres d'une qualité rivalisant avec celles des anciens sabres Masamune et Sadamune. Ses créations se caractérisent par une jihada vigoureuse mélange de mokume et d'itame, associée à un hamon riche où les gō-me midare profonds, les kin-suji et les sunaagashi s'entrelacent complexement. La keishoku au sein du hamon offre des variations infinies selon l'angle de vision. Les sabres de Kiyomaro, bien que Shinshinto, possèdent la dignité et l'élégance des anciens sabres – un ensemble de créations véritablement miraculeuses. Cependant, il souffrit d'une profonde pauvreté et d'alcoolisme tout au long de sa vie, et finalement se suicida en 1854 (7e année de Kaei) à seulement quarante-deux ans. La fin tragique de ce génie demeure une perte éternelle pour le monde des sabres.