* Image illustrative uniquement.Dōjigiri Yasutsuna
童子切安綱
Aussi connu sous le nom de: Dōjigiri; tachi tranche-oni
Description
Le Dōjigiri Yasutsuna est un tachi forgé par Hōki Yasutsuna, un maître forgeron de l'époque de Heian, et figure parmi les « Tenka gokken » (Cinq sabres sous le ciel), chefs-d'œuvre classés trésor national. Les Tenka gokken désignent l'ensemble de cinq lames japonaises particulièrement appréciées dans l'histoire du sabre japonais et devenues célèbres à travers les âges : le Dōjigiri Yasutsuna, le Mikazuki Munechika, l'Ōdenta Mitsuyo, le Juzumaru Tsunetsugu et l'Onimaru Kunitsuna. Le Dōjigiri Yasutsuna y est souvent placé en tête. Il est conservé au Musée national de Tokyo, où il est soigneusement protégé et géré en tant que trésor national, et fait l'objet d'expositions publiques régulières.
Hōki Yasutsuna était un forgeron actif dans la province de Hōki (actuelle préfecture de Tottori). Très peu de ses œuvres subsistent et son parcours reste mal connu ; pourtant, son nom brille d'un éclat impérissable dans l'histoire du sabre japonais grâce au Dōjigiri Yasutsuna. L'époque de Heian au cours de laquelle il aurait été actif est celle où s'est établi le tachi, ce sabre à lame unique et courbée que l'on reconnaît aujourd'hui comme le sabre japonais (nihontō). Yasutsuna est considéré comme un pionnier qui a réalisé, dès cette période naissante, des tachi de la plus haute qualité.
Par rapport aux tachi postérieurs à l'époque de Kamakura, la silhouette de la lame présente une courbure à la base (koshizori) légèrement plus marquée et une kissaki de petite taille, conservant ainsi les traits anciens et incarnant la forme classique des tachi de la fin de l'époque de Heian au début de l'époque de Kamakura. La longueur de lame (nagasa) est d'environ 80,0 cm, un peu longue, et la largeur (mihaba) est maintenue à un niveau modéré. Le jigane présente un ko-itame-hada serré, d'un aspect fin et précis, et le ji-nie fin et uniforme lui donne un lustre profond. Le hamon, de style ancien, est constitué principalement de ko-midare avec quelques ko-chōji ; le nie, fin et uniforme, se répand dans la lame, et le nakago étroit et allongé complète l'ensemble. Le jigane de type sabi-ji, le hamon paisible et le nakago allongé sont autant de témoignages précieux qui transmettent aujourd'hui les caractéristiques des tachi de Heian, et l'œuvre est considérée comme l'un des plus grands chefs-d'œuvre des tachi de cette époque qui subsistent.
Avec l'Ōkanehira, le Dōjigiri Yasutsuna est célébré comme les deux yokozuna du sabre japonais, l'un de l'Est et l'autre de l'Ouest. Le ko-itame de son jigane, d'une grande finesse, où apparaissent le ji-nie et le chikei (lignes de terre), est très apprécié comme la quintessence de l'art de la forge de Heian.
Légendes et récits
Le nom Dōjigiri Yasutsuna provient de la légende selon laquelle cette épée a été utilisée par Minamoto no Yorimitsu (948–1021) pour tuer le roi démon Shuten-dōji du Mont Ōe. À la période médiane de l'époque Heian, une série de disparitions mystérieuses affligea la capitale et les provinces environnantes. Sur ordre de la cour impériale, Yorimitsu, accompagné de ses Quatre Rois célestes — Watanabe no Tsuna, Sakata Kintoki, Usui Sadamitsu et Urabe Suetake — et de Fujiwara no Yasumasa, se mit en route pour détruire Shuten-dōji, le seigneur démon demeurant sur le Mont Ōe dans la Province de Tanba (près du Fukuchiyama actuel, Préfecture de Kyoto). Déguisés en ascètes des montagnes, le groupe fut invité au banquet de Shuten-dōji, où ils firent boire au démon du saké empoisonné (shinpen-kidoku-shu) pour l'ivresse, et quand Shuten-dōji sombra dans le sommeil, Yorimitsu trancha sa tête avec cette épée.
Mais la légende continue. Bien que décapitée, la tête de Shuten-dōji vola dans les airs et tenta de mordre le casque de Yorimitsu. De ce pouvoir surnaturel extraordinaire, l'épée reçut son nom — l'épée qui « a tranché le démon du Mont Ōe », l'épée qui « tranche les démons » — « Dōjigiri ».
Par la suite, Dōjigiri Yasutsuna devint un trésor du Shōgun Ashikaga, et passa ensuite entre les mains de Toyotomi Hideyoshi et Tokugawa Ieyasu. On dit que Tokugawa Hidetada l'offrit à sa troisième fille, la Princesse Masako, à l'occasion de son mariage dans la famille Echizen Matsudaira, et par la suite il fut transmis à travers la famille Echizen Matsudaira et ensuite la famille Tsuyama Matsudaira du Domaine de Tsuyama. Il est enregistré dans le Kanbō Meibuts-chō comme une épée célèbre. À l'époque moderne, il finit par être conservé au Musée national de Tokyo ; cependant, la croyance en son « pouvoir de trancher les démons » persiste, et on dit qu'à chaque exposition de Dōjigiri Yasutsuna, de nombreux visiteurs viennent lui rendre hommage comme en pèlerinage.