* Image illustrative uniquement.Kogarasu-maru
小烏丸
Aussi connu sous le nom de: Le Petit Corbeau
Description
Souvent considéré comme l'origine de l'épée japonaise, le Kogarasu-maru se distingue par sa construction extraordinairement rare du kissaki-moroha-zukuri, où la moitié supérieure de la lame possède un double tranchant. Il représente une forme transitoire précieuse entre l'ancienne épée droite et le tachi courbe japonais. La légende veut qu'il ait été offert à Taira no Sadamori — fondateur de la lignée Kanmu Heishi — par un corbeau divin (yatagarasu) du Grand Sanctuaire d'Ise. Il a ensuite été chéri par le clan Taira pendant des générations. Après la restauration de Meiji, il a été présenté à la Maison impériale. Bien qu'attribué au légendaire forgeron Amakuni, sa datation exacte et son authenticité restent débattues.
Légendes et récits
## Légende et Anecdotes La légende de la donation de Kogarasu-maru est le plus ancien "mythe d'origine" attribué au sabre japonais. Selon la tradition, durant le règne de l'empereur Kanmu (781–806), un grand corbeau—à savoir le divin Yatagarasu, messager du sanctuaire d'Ise—apparut. Le Yatagarasu est un oiseau sacré à trois pattes, connu dans la mythologie japonaise comme l'oiseau divin qui guida la campagne orientale du premier empereur Jinmu. Ce corbeau sacré présenta un seul tachi à l'empereur et s'en alla, laissant la lame derrière lui. L'empereur Kanmu nomma ce tachi "Kogarasu-maru" ("Petit Cercle du Corbeau"), en disant : "Je l'appellerai ainsi car le corbeau l'a apporté"—ceci est dit être l'origine de Kogarasu-maru. Par la suite, ce tachi devint un sabre-trésor de la cour impériale et fut transmis au clan Kanmu-Taira (Maison Taira), descendants de l'empereur Kanmu. L'importance historique de cette tradition est immense. Taira no Sadamori était un officier méritoire qui réprima la rébellion de Taira no Masakado (935–940) et fut la figure centrale qui forma le noyau de la lignée Kanmu-Taira. Le récit de la protection de la nation avec une lame accordée par le divin servit à étayer mythologiquement la légitimité de la Maison Taira en tant que clan guerrier. Le fait que Kogarasu-maru fût maintenu comme trésor précieux de la Maison Taira suggère qu'il constituait une part de la base du pouvoir du clan Taira. La structure de la construction à double tranchant de la pointe (hone ryouha-zukuri), avec extrêmement peu d'exemples comparables ailleurs, aurait imprégné quiconque tenant réellement cette lame d'un sentiment profond d'altérité. Parce que la pointe est double-tranchante, elle possède un équilibre des poids distinctif contrairement aux tachi ordinaires, offrant une polyvalence adaptée aussi bien à la poussée qu'à la coupe. Il existe un débat sur la question de savoir si cette structure a été influencée par les épées droites continentales ou s'est développée uniquement au Japon ; en tout cas, il n'y a aucun doute qu'il s'agit d'un artefact précieux et inestimable comblant le "chaînon manquant" dans l'histoire du développement du sabre japonais. Après la chute de la Maison Taira à la bataille de Dannoura (1185), les détails de la transmission de Kogarasu-maru restent obscurs. Un récit suggère qu'il était secrètement conservé par les vestiges du clan Taira ; un autre affirme qu'il fut retourné à la cour impériale. Ce qui est certain, c'est que cette lame passa finalement à la maison impériale et perdure comme trésor impérial (gomotsu) jusqu'à nos jours. Cette lame, qui a survécu plus de douze siècles, est un être unique qui transmet le "commencement" de la culture du sabre japonais à nos jours et occupe la position "d'ancêtre" de tous les sabres japonais.