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January 3, 1868 (9th day of the 12th month of Keiō 3)
Palais Impérial de Kyoto, Kogo-sho (Petite Salle)
Forces
Satsuma-Chōshū Alliance and Radical Court Nobles
Former Shogunate and Yoshinobu Supporters
Environ 8 min de lecture
L'Ōsei Fukko no Daigōrei — la Proclamation de la Restauration Impériale — fut l'une des déclarations politiques les plus radicales de l'histoire japonaise. Proclamée le 9e jour du 12e mois de Keiō 3 (3 janvier 1868), elle abolit les charges de régent et de shogun, qui avaient défini la gouvernance japonaise pendant mille ans, et proclama l'établissement d'un nouveau gouvernement dirigé par trois postes nouvellement créés : le Sōsai (Président), le Gijō (Délibérants), et le Sanyo (Conseillers Juniors).
Le vide politique après le retour du pouvoir
Le retour du pouvoir politique au 14e jour du 10e mois de Keiō 3 avait retiré Tokugawa Yoshinobu du shogunat, mais laissa l'organisation concrète et la politique du nouveau gouvernement indéfinies. L'alliance Satsuma-Chōshū et les nobles de cour radicaux menés par Iwakura Tomomi agissent rapidement pour combler ce vide et saisir l'initiative avant que Yoshinobu ne puisse s'établir comme figure dominante dans un nouveau conseil délibératif de seigneurs féodaux.
Aux premières heures du 9e jour du 12e mois, Iwakura Tomomi, Saigō Takamori, et Ōkubo Toshimichi organisèrent l'occupation des neuf portes du palais impérial par les troupes de Satsuma, bloquant l'entrée aux nobles de cour pro-shogunat et leur convocation d'un conseil de cour selon leurs propres conditions. C'était effectivement un coup dans le coup — mais exécuté au nom de l'empereur.
Contenu de la Proclamation
La proclamation déclara : l'abolition de la charge de régent (sesshō et kampaku), mettant fin à plus d'un millénaire de politique de régence ; l'abolition du shogunat, marquant la fin définitive de l'ordre d'Edo de 265 ans ; la création des Trois Postes du nouveau gouvernement ; et une déclaration de retour au règne impérial direct, invoquant la fondation du territoire par l'Empereur Jinmu.
La Conférence du Kogo-sho
Cette même nuit, le premier conseil du nouveau gouvernement se réunit au Kogo-sho (Petite Salle) du Palais Impérial de Kyoto, assisté par des représentants de Satsuma, Tosa, Aki (Hiroshima), Echizen (Fukui), et Owari. La question centrale était le traitement de Yoshinobu : devait-il être forcé de démissionner de son poste de Ministre de l'Intérieur (Naidaijin) et de restituer ses domaines ? Yamauchi Yōdō de Tosa argumenta fermement que les Tokugawa devraient être autorisés à participer au nouveau conseil plutôt que d'être dépouillés de leur statut. Iwakura rétorqua que la sincérité de Yoshinobu était mise à l'épreuve, et la ligne dure Satsuma-Chōshū prévalut. La démission de Yoshinobu et le retour de ses domaines furent décidés — un coup fatal à son influence restante, et la fin effective du shogunat d'Edo.
Les Sabres et la Restauration
Le 12e mois de Keiō 3 fut le dernier acte du bakumatsu. Les troupes de Satsuma qui entouraient le palais impérial tenaient les portes avec sabre et mousquet — la réalité armée derrière une proclamation politique. Pour les nobles de cour de la faction radicale, les lames des soldats de Satsuma étaient la garantie indispensable que leur volonté politique serait réalisée.
Parmi les guerriers qui façonnèrent ces événements, Matsudaira Katamori d'Aizu maintint sa loyauté au shogunat tout au long des tumultes. Le destin d'Aizu, désigné un « ennemi de la cour » par la Restauration, et les sabres qui incarnaient l'esprit martial du domaine, représentent la dimension tragique de la culture des sabres du bakumatsu. Les lames portées par les loyalistes de Satsuma, trempées dans la tradition de la technique de coupe explosive de l'école Jigen-ryū, se dressaient en contrepoint aux collections raffinées de la maison shogunale.
Signification Historique
La Proclamation de la Restauration Impériale proclama l'idéal du règne impérial direct tandis que son caractère réel était un coup d'État par l'alliance Satsuma-Chōshū — une dualité qui serait inscrite dans la structure du pouvoir d'État Meiji. Le modèle de placer l'empereur au centre symbolique tandis que les politiciens Satsuma-Chōshū exerçaient l'autorité réelle devint l'arrangement fondateur du gouvernement Meiji. En moins d'un mois, la Bataille de Toba-Fushimi enflamma la Guerre du Boshin. La Restauration n'était pas une transition pacifique mais le prologue à un conflit — pourtant dans l'arc menant à la reddition sans effusion de sang du Château d'Edo, la Proclamation de la Restauration Impériale se dresse comme le document fondateur irremplaçable du Japon moderne.