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* Image illustrative uniquement.Le sashigane est une règle coudée en métal en forme de L. Bien que les charpentiers et menuisiers modernes l'utilisent aussi, pour les maîtres forgerons, le sashigane transcende le fait d'être un simple instrument de mesure—c'est un « langage du design ».
Les épées japonaises possèdent une courbe distinctive appelée sori, et la forme, la profondeur et la position de cette courbe déterminent le caractère et la beauté de l'épée. Le sori n'est pas créé par une conception numérique moderne (CAO/FAO), mais plutôt par le sashigane et l'intuition du maître forgeron.
Le bras plus long du sashigane s'appelle le nagate, et le bras plus court s'appelle le tsumade. Ils sont utilisés pour mesurer les dimensions de diverses parties de l'épée et pour confirmer la quantité de courbure (sori).
Pour mesurer avec précision les dimensions d'une épée japonaise, il faut connaître les noms des pièces mesurées et les méthodes de mesure.
Hachō (Longueur de la lame) La dimension la plus fondamentale indiquant la « longueur » d'une épée—non pas la distance en ligne droite du mune-machi (base du dos) au kissaki (pointe), mais plutôt la longueur mesurée le long de la courbe de la colonne vertébrale. La méthode traditionnelle consiste à tenir le sashigane tout en mesurant le long de la courbe comme si on tirait la corde d'un arc. Aujourd'hui, des outils de mesure spécialisés (pieds à coulisse) sont également utilisés, mais la norme pour l'authentification reste basée sur la mesure au sashigane, exprimée en shaku, sun et bu.
Sori (Courbure) Indique la « profondeur » de la courbe de l'épée. La méthode de mesure consiste à tracer une ligne droite reliant le mune-machi (base) et le kissaki (pointe) de l'épée, puis à mesurer la distance maximale entre cette ligne et la colonne vertébrale (dos) de l'épée. En utilisant à la fois le nagate et le tsumade du sashigane, on mesure la profondeur du sori tout en confirmant les angles droits.
Le sori est classé en trois types selon sa position :
Moto-haba (Largeur de la base) et Saki-haba (Largeur de la pointe) Moto-haba est la largeur de la lame près du mune-machi ; saki-haba est la largeur de la lame près du yokote-suji (frontière entre la pointe et la lame). Le rapport de saki-haba à moto-haba détermine l'impression de « funbari » (une stance ancrée et stable). Lorsque la largeur de la base est large et la largeur de la pointe est étroite, l'épée entière acquiert une « force de ceinture » et une « quiétude ».
Kasane (Épaisseur) La dimension indiquant l'épaisseur de la lame. L'épaisseur à la colonne vertébrale s'appelle « mune-gasane », tandis que l'épaisseur près du centre de la lame s'appelle « chū-gasane ». Si le kasane est trop fin, l'épée se casse facilement ; s'il est trop épais, il devient lourd et difficile à manipuler.
Voyons comment un maître forgeron contemporain utilise le sashigane lors de la conception d'une nouvelle épée.
1. Confirmation des spécifications du client et établissement de la direction du design Lorsqu'un client demande « uchigatana, hachō de 2 shaku 3 sun, koshi-zori, largeur de base de 1 sun ou plus », le maître forgeron utilise d'abord le sashigane pour confirmer si « ces dimensions constituent une épée viable ». La relation entre la longueur de la lame et le sori, l'équilibre entre la largeur de la base et le kasane—par l'expérience, les proportions qui fonctionnent sont connues, et le maître forgeron juge en tenant le sashigane : « avec autant de sori, cette largeur serait trop lourde ».
2. Création du Kata (Modèle) De nombreux maîtres forgerons contemporains créent un « kata » (modèle)—le contour de l'épée transféré sur une planche de bois ou du papier épais—puis façonnent le matériau (tamahagané et fer) pour correspondre au modèle. Le sashigane est le plus actif pendant la phase de création du modèle, transférant avec précision la position et la profondeur du sori.
3. Vérification dimensionnelle pendant le forgeage Pendant le processus de forgeage (traçage initial → accumulation → petit forgeage), la forme de l'épée change à chaque cycle de chauffage et de martelage. En utilisant le sashigane, on confirme que la quantité de sori, le hachō et le moto-haba se rapprochent des valeurs de conception. Comme les épées japonaises changent de forme avant et après la trempe, la connaissance pour calculer les « valeurs correctes avant la trempe » en tenant compte de la contraction post-trempe est essentielle.
4. Mesure finale après la trempe Après la trempe (trempe à l'eau), la forme de la lame change subtilement en raison de la variation de température. Ce changement est mesuré avec le sashigane, et la forme finale avant le polissage est enregistrée. Les valeurs de mesure notées dans le certificat d'authentification après l'achèvement sont celles prises par le polisseur après le polissage final.
Voici plusieurs des outils de mesure du maître forgeron utilisés en combinaison avec le sashigane.
Monosashi (Baguette de mesure) Une baguette de mesure spécialisée en bambou ou en fer pour la mesure de la longueur de la lame. Portant des marques en shaku, sun et bu—où 1 shaku = 30,303 cm, 1 sun = 3,03 cm, 1 bu = 3,03 mm. Les maîtres forgerons contemporains utilisent également des mesures métriques en millimètres, mais les certificats utilisent la notation traditionnelle shaku-kanpo en standard.
Sori-jōgi (Règle de courbure) Un outil spécialisé pour mesurer la profondeur du sori. Il combine une section droite en contact avec la colonne vertébrale (dos) de l'épée avec un cadran indiquant le point le plus profond de la courbe, permettant une mesure du sori à une précision de ±0,1 mm.
Nōgisu (Pieds à coulisse) Un outil pour la mesure précise de la largeur de la base, de la largeur de la pointe et du kasane. Les maîtres forgerons contemporains utilisent souvent des pieds à coulisse numériques, permettant une mesure à une précision de 0,01 mm.
La technique de mesure est un pilier important du design des épées japonaises, mais ce que les maîtres forgerons soulignent le plus est « le jugement sensoriel qui ne peut pas être exprimé en chiffres ».
« La sensation lors de la mesure du sori avec le sashigane », « la sensation du centre de gravité quand on tient l'épée après la trempe », « la beauté du « flux » dans la stance de l'épée après le polissage »—ces choses ne peuvent pas être réduites à des chiffres. Les manuels secrets de la période Edo contiennent des descriptions comme « le sori de ○ bu est idéal », mais la raison *pourquoi* ce sori est idéal ne pouvait être transmise que par la sensation.
Les maîtres forgerons contemporains mesurent des centaines des œuvres de leurs maîtres avec le sashigane, et en analysant eux-mêmes les moyennes et les déviations, ils tentent une « quantification de l'intuition du maître ». Mais au final, ils disent que plus de dix ans sont nécessaires avant qu'on puisse posséder la conviction que « c'est la forme correcte ».
Le sashigane est un outil simple, mais derrière la façon dont il est utilisé se trouve l'expérience et l'observation accumulées des artisans s'étendant sur des centaines d'années.
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