* Image illustrative uniquement.Hotarumaru
蛍丸
Aussi connu sous le nom de: Lame Luciole
Description
Aperçu du sabre
Le Hotarumaru est un ōdachi (grand sabre) transmis au sanctuaire Aso. Ce reitō (sabre sacré) se distingue par sa silhouette imposante, avec une lame d'environ 101 cm. Il aurait été forgé en Einin 5 (1297) par le maître forgeron Rai Kunitoshi (attribué), figure de premier plan de l'école Rai de la province de Yamashiro, active à la fin de l'époque de Kamakura. La soie (nakago) portait sur la face omote l'inscription « Rai Kunitoshi » et sur la face ura la date « Einin 5 nen 3 gatsu 1 nichi » (premier jour du troisième mois de l'ère Einin 5). Le nom Hotarumaru tire son origine de la légende exposée plus loin, selon laquelle d'innombrables lucioles auraient aidé à réparer la lame. Ce nom et cette légende se sont profondément enracinés dans la société guerrière de Kyūshū, et le sabre a conservé pendant longtemps le statut de divinité protectrice du clan Aso.
Le clan Aso et l'histoire du Hotarumaru
Le clan Aso était une grande famille seigneuriale qui dominait la province de Higo (actuelle préfecture de Kumamoto) ainsi qu'une lignée de guerriers-prêtres héritant depuis l'Antiquité, de génération en génération, de la charge de daigūji du sanctuaire Aso. Ce sanctuaire, dont l'objet de vénération est la riche nature d'Aso et son volcan, fut révéré pendant des siècles comme autorité spirituelle de Kyūshū. Le Hotarumaru était un sabre-trésor de la famille, que les chefs du clan conservaient précieusement ; les daigūji successifs l'auraient porté lors des grandes batailles et des cérémonies rituelles. À l'époque Nanboku-chō, le clan Aso s'engagea activement du côté de la cour du Sud, et des archives rapportent que le Hotarumaru fut emporté sur le champ de bataille.
Le forgeron Rai Kunitoshi (attribué)
Le créateur du Hotarumaru, Rai Kunitoshi, est un maître éminent de l'école Rai, florissante dans la province de Yamashiro (actuelle préfecture de Kyoto) ; il serait le fils de Rai Kuniyuki. Actif à la fin de l'époque de Kamakura, il laissa de nombreuses œuvres remarquables, tant en tachi qu'en tantō. La forme ōdachi était particulièrement prisée à l'époque Nanboku-chō : c'était une arme de grande longueur, forgée pour être frappée depuis la monture par un cavalier, une arme imposante. Selon les illustrations du recueil Shūko Jisshu de l'époque d'Edo, la lame comportait une rainure (hi) ; côté omote, près du habaki, figurait un goma-bashi, tandis que côté ura était gravé un sokken.
Le destin moderne
Le Hotarumaru resta un trésor de la famille Aso durant l'ère Meiji et au-delà, et fut désigné ancien trésor national en Shōwa 6 (1931). Il disparut après la fin de la guerre du Pacifique. Certaines hypothèses évoquent sa destruction lors de la saisie des sabres après la guerre, mais il n'est aujourd'hui plus possible de le voir en réalité. Pourtant, en 2015, un projet de reconstitution financé par crowdfunding fut lancé pour l'offrir au sanctuaire Aso ; en 2017, une copie forgée par un maître sabrier fut achevée et offerte au sanctuaire. La réalisation de cette copie fut rendue possible grâce à la collaboration de nombreux amateurs et chercheurs de sabres, témoignage de la profondeur de la vénération envers le Hotarumaru. Par ailleurs, ces dernières années, le Hotarumaru est apparu comme un personnage marquant du jeu populaire Tōken Ranbu, ce qui l'a fait connaître aussi des jeunes générations, et le pèlerinage (seichi junrei) au sanctuaire Aso s'est accru.
Le Hotarumaru comme héritage culturel
Même sans l'objet réel, le Hotarumaru occupe, par sa légende et son nom, une place solide dans la culture japonaise du sabre. Le récit des lucioles qui réparent la lame condense la vision japonaise de la nature, la conception des âmes et le respect envers les sabres, et incarne l'essence du sabre japonais : une arme qui dépasse la simple fonction de combat pour devenir aussi une entité spirituelle. Le sanctuaire Aso conserve des documents liés au Hotarumaru ainsi qu'une copie, et les fidèles peuvent ainsi découvrir sa légende. Lors des nuits d'été d'Aso, où voltigent les lucioles, la légende du sabre sacré flotte encore aujourd'hui dans l'air de ce lieu.
Légendes et récits
La nuit où les lucioles réparèrent la lame
La légende qui donna son nom au Hotarumaru est transmise comme l'une des histoires de sabres les plus mystérieuses de la société guerrière de Kyūshū. À l'époque Nanboku-chō, après que Aso Korezumi eut combattu les troupes Ashikaga à la bataille de Tatarahama, en Engen gannen (Kenmu 3, 1336), la lame de ce grand sabre aurait présenté d'innombrables hakobore (ébréchures) à la suite de combats acharnés. Devant ce sabre illustre blessé, le guerrier du clan Aso, son propriétaire, s'affligea profondément. Ce sabre était lui-même le kami protecteur du clan, et la lame endommagée était considérée comme le signe d'un déclin du destin du clan.
Cette nuit-là, les fragments de lame tombés s'élevèrent et reprirent leur place, et la lame se répara d'elle-même. Comme ce mouvement ressemblait au vol des lucioles, ce grand sabre fut appelé « Hotarumaru ». Une variante rapporte aussi que Korezumi rêva d'innombrables lucioles qui s'agglutinaient sur la lame pour réparer les ébréchures, et qu'au réveil la lame était réellement réparée.
Les lucioles et le monde spirituel
Dans la conception traditionnelle japonaise de la nature, la lumière des lucioles est parfois associée aux âmes des défunts ou à la lumière des messagers divins. Les lucioles qui volent en désordre dans les nuits d'été sont le symbole de la saison où la frontière entre le monde visible et le monde de l'au-delà s'estompe, et la combinaison d'un sabre, symbole de l'âme du guerrier, et des lucioles est une association qui résonne profondément avec la sensibilité religieuse japonaise. La légende du Hotarumaru raconte éloquemment la croyance selon laquelle le sabre est une entité spirituelle dépassant la simple arme, protégée par la puissance spirituelle de la nature.
Le sanctuaire Aso et la vénération du Hotarumaru
Le sanctuaire Aso est un ancien sanctuaire dont la divinité principale est Takeiwatatsu no Mikoto. Le Hotarumaru fut transmis comme trésor de la famille Aso, qui assura la charge de daigūji de ce sanctuaire ; à l'époque Genroku, lorsque Hosokawa Tsunatoshi, seigneur du domaine de Higo, tenta de le confisquer, la famille Aso refusa fermement de le céder.
Le culte contemporain du Hotarumaru
À l'ère Reiwa aussi, le Hotarumaru compte de nombreux fervents admirateurs. La popularité du personnage du Hotarumaru dans Tōken Ranbu a entraîné une hausse réelle du nombre de pèlerins, et chaque année se déroule une scène singulière où la jeune génération se rend au sanctuaire Aso pour joindre les mains devant la copie : une rencontre étonnante entre la foi traditionnelle et la culture populaire contemporaine.