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* Image illustrative uniquement.La classification des nihontō repose sur plusieurs critères, mais le plus fondamental est la classification par nagasa. Le nagasa désigne la longueur de la lame mesurée depuis le kissaki jusqu'à la base du nakago (base du habaki). Cette valeur simple constitue un indicateur important renseignant sur l'usage, l'époque et le lieu de fabrication de la lame.
Le nagasa n'est pas une simple mesure de longueur : c'est une caractéristique essentielle qui reflète la fonction de la lame et son contexte historique. Connaître le nagasa permet de déduire dans quel environnement et à quelle fin la lame a été utilisée.
La mesure du nagasa obéit à une méthode rigoureuse et uniformisée. On pose la lame à l'horizontale et l'on mesure en ligne droite la distance entre l'extrémité du kissaki et la base du habaki (anneau métallique à la jonction de la lame et du tsuka). Le sori de la lame n'entre pas dans cette mesure. Autrement dit, le nagasa est la longueur en ligne droite, et non la mesure selon la courbure.
En pratique, on mesure le plus souvent du côté du mune (dos de la lame). Il existe en effet une légère différence entre la face avant et la face arrière. Cette méthode de mesure est normalisée parmi les experts et utilisée pour l'expertise et l'évaluation des lames.
Lors de la mesure, il est important d'immobiliser fermement la lame et d'appliquer une règle ou un mètre avec précision. La moindre erreur pouvant influer sur l'évaluation, un travail minutieux est requis.
La classification des nihontō repose sur les critères de nagasa suivants, chaque catégorie possédant ses propres caractéristiques et usages.
Tantō : nagasa inférieur à 30 cm Le tantō est une arme conçue pour la portabilité. Il peut être porté dans le sein du vêtement, ce qui le rend adapté aux combats en intérieur ou dans des espaces confinés. Plus court que le wakizashi, il est conçu pour un usage proche de celui d'un couteau. À l'époque d'Edo, ces petites lames étaient appréciées à la fois comme armes portatives et comme instruments cérémoniels.
Wakizashi : nagasa de 30 cm à moins de 60 cm Le wakizashi est une lame portée à la ceinture. Jouant un rôle intermédiaire entre le tachi et le tantō, il était apprécié comme arme polyvalente. À l'époque d'Edo, il devint une arme emblématique signalant le statut de samouraï. Le droit de porter le wakizashi était restreint selon le rang social.
Katana : nagasa de 60 cm à moins de 80 cm Le katana est le nihontō le plus répandu. Devenu l'arme principale des samouraïs à l'époque d'Edo, il est reconnu comme la forme emblématique du nihontō. Excellent en termes d'équilibre et de praticité, il fut choisi par de nombreux samouraïs. La conception du katana est la forme où le savoir-faire et l'esthétique des tōkō s'expriment le mieux.
Tachi : nagasa de 80 cm ou plus Le tachi est la lame la plus longue. Conçu à l'origine pour un usage à cheval, il constituait l'arme principale des périodes Kamakura et Muromachi. Son nagasa plus grand permettait d'atteindre des adversaires plus éloignés et d'exercer une force plus grande. Le tachi est la forme de création la plus haute gamme, requérant un savoir-faire avancé des tōkō.
La classification des nihontō est liée aux anciennes unités de longueur japonaises. Comprendre ces unités permet d'interpréter plus précisément les descriptions des documents historiques.
Shi : largeur de l'écartement entre le pouce et l'index. Correspond à environ 18 à 20 cm. Le tantō est parfois décrit comme faisant « 1 à 1,5 shi ». Les tōkō des temps anciens exprimaient la taille des lames à l'aide de ces unités de mesure corporelles.
Sun : longueur d'environ 3,03 cm. Cette unité était utilisée officiellement à l'époque d'Edo. Le wakizashi est parfois décrit comme mesurant « 20 sun ou plus et moins de 40 sun ». Cette unité repose sur une mesure plus précise.
Shaku : longueur d'environ 30,3 cm. Le tachi est parfois décrit comme mesurant « 3 shaku ou plus ». Le shaku était l'unité de longueur la plus courante dans le Japon ancien. Connaître ces unités permet de convertir les descriptions des textes anciens en mesures modernes.
La longueur du nagasa reflète les techniques militaires et les styles de combat de l'époque. L'évolution des formes de lames est étroitement liée à l'évolution des modes de guerre.
Période Kamakura (l'ère du tachi) : à l'époque où le combat à cheval était dominant, le tachi (80 cm ou plus) constituait l'arme principale. Sa lame longue permettait d'atteindre plus facilement les adversaires depuis le cheval. Les samouraïs montés s'entraînaient à manier le tachi.
Période Muromachi (période de transition) : à mesure que les styles de combat passaient du cheval au combat à pied, la popularité du katana (60 à 80 cm) augmenta. Dans le combat à pied, une lame plus courte offrait une meilleure maniabilité. La demande de katana augmenta rapidement, et les tōkō se consacrèrent à la fabrication de cette nouvelle forme de lame.
Période Edo (l'ère du katana) : à une époque pacifique, le katana devint le symbole du statut de samouraï. C'est à cette époque que le katana (60 à 80 cm) devint la forme la plus répandue. Dans le même temps, le wakizashi s'établit comme arme secondaire du samouraï, et le port conjoint du katana et du wakizashi devint le symbole du rang.
Plus le nagasa est long, plus la portée est grande, mais plus le maniement est difficile. Les tōshō répondaient aux besoins de combat de leur époque en fabriquant des lames bien équilibrées selon le nagasa.
Pour un même tachi de 80 cm, le sori, la largeur et l'épaisseur varient selon l'époque et le lieu de fabrication, chacun étant conçu pour offrir des performances de combat optimales. Le savoir-faire des tōkō se manifeste dans la précision de cet ajustement de l'équilibre.
Pour les collectionneurs contemporains de nihontō, la classification par nagasa demeure essentielle. Connaître le nagasa permet de déduire dans une certaine mesure l'usage, l'époque et les caractéristiques régionales d'une lame. Le nagasa sert également de référence dans l'évaluation de la valeur artistique. Le nagasa est en effet un élément fondamental pour comprendre le nihontō en tant que patrimoine culturel.
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