* Image illustrative uniquement.Murasame-maru
村雨丸
Aussi connu sous le nom de: Le Sabre de la Pluie Brumée ; Épée des Huit Guerriers Chiens
Description
Murasame-maru est le sabre légendaire qui apparaît dans le Nansō Satomi Hakkenden (南総里見八犬伝, « Les Huit Guerriers Chiens du Clan Satomi de Nansō »), le monument littéraire de Kyokutei Bakin (1767–1848), rédigé en feuilleton au cours de vingt-huit années, de 1814 à 1842. L'œuvre s'étend sur quatre-vingt-dix-huit tomes, répartis sur cent six livres — une ampleur sans précédent dans la littérature japonaise. Contrairement aux autres lames de cette collection, Murasame-maru n'est pas un sabre physique : c'est une création littéraire, née dans l'imagination du plus grand romancier de la période Edo au Japon. Pourtant, sa place dans la mémoire culturelle japonaise est assurée. Nulle enquête sur les sabres japonais célèbres ne serait complète sans lui.
L'histoire tourne autour de huit guerriers — les Hakkenden, ou « Huit Guerriers Chiens » — dont chacun porte l'une des huit perles sacrées gravées des vertus confucéennes : l'humanité, la justice, la bienséance, la sagesse, la loyauté, la fidélité, la piété filiale et l'amour fraternel. Ces guerriers sont destinés à se rassembler et à restaurer l'honneur du clan Satomi d'Awa (l'actuelle préfecture de Chiba), un véritable clan historique que Bakin a utilisé comme toile pour une histoire élaborée de karma, de destin, de combat surnaturel et de vertu morale. Murasame-maru est la lame qui entre en bataille dans leurs mains.
Sa propriété la plus célèbre est celle-ci : après avoir tranché, quand la lame est rengainée, l'eau s'écoule dessus — une averse de pluie, murasame, nettoyant l'acier de tout sang. Le nom lui-même signifie « pluie dispersée » ou « averse passagère ». Le sabre ne porte pas le sang. Le sabre ne porte pas la souillure. Ce détail — infime, extraordinaire — capture quelque chose de profond dans l'imagination japonaise concernant les lames et la pureté. Un sabre qui tue sans être souillé. Une arme qui se purifie elle-même. C'est un rendu littéraire de l'idée que le sabre dans sa plus haute forme participe du divin.
Bakin écrivait à une époque de censure rigide et de contrainte sociale, et son roman — ostensiblement une aventure historique fixée aux périodes Muromachi et Sengoku — était aussi un véhicule pour la philosophie morale et bouddhiste. Murasame-maru est un artefact de ce monde : un sabre qui ne se contente pas de trancher, mais restaure.
Légendes et récits
## Le Pacte de Yatsufusa et la Naissance des Huit Guerriers-Chiens—Les Origines Narratives de Murasame-maru Le grand récit de Nansō Satomi Hakkenden commence par un serment prononcé en plaisanterie par Satomi Yoshizane. Lorsqu'il déclara : « Quiconque m'apporte la tête du commandant ennemi qui attaque ce château aura la main de ma fille en mariage », son bien-aimé chien Yatsufusa—qui comprenait la parole humaine—prit les paroles au pied de la lettre. Il apporta la tête. Il revendiqua la princesse. Et ainsi Fusehime vint à vivre avec le chien dans les montagnes, où elle trouverait sa fin. Au moment de la mort de Fusehime, ses perles de prière se brisèrent et huit sphères lumineuses volèrent vers les quatre directions. Chaque sphère vint miraculeusement reposer dans le sein d'une femme et naquit comme l'un des huit hommes—les Huit Guerriers-Chiens. Ces huit sphères leur accordèrent les vertus de jin, gi, rei, chi, chu, shin, ko et tei, ainsi qu'une force surhumaine. Murasame-maru apparaît dans le récit comme une épée spirituelle maniée par ces Huit Guerriers-Chiens alors qu'ils font face à leurs combats destinés, décrite comme un être dans lequel la pureté de la lame et la puissance de la vertu sont unifiées. ## La Poésie du Nom de Murasame-maru—La Beauté du Mot « Murasame » « Murasame » (村雨) est un beau mot qui apparaît fréquemment dans la poésie classique japonaise, portant le sens d'une averse d'automne ou d'une pluie passagère. Dans la littérature classique telle que le Kokin Wakashū et le Man'yōshū, murasame a été employé comme un mot saisonnier important et un terme poétique exprimant le passage des saisons et la mélancolie des choses. Le choix de Bakin de donner ce mot exquis à une épée spirituelle démontre une sensibilité de dénomination suprême, car en unissant « l'outil de la guerre » et « le monde de la poésie » en un seul nom, il créa un domaine unique où la beauté de la lame et la beauté du vers se chevauchent. Lorsqu'on entend le nom Murasame-maru, l'oreille capte le son de la pluie d'automne, et l'œil voit l'eau claire couler le long de la lame—Bakin a imprégné telle une expérience sensorielle dans le nom lui-même. ## L'Aveuglement de Bakin et l'Achèvement par Dictée—Une Histoire de Volonté Humaine L'un des épisodes les plus émouvants de la composition de Hakkenden est le fait que Bakin, bien qu'il ait perdu la vue dans ses dernières années, fit prendre sa dictée par sa belle-fille Michi et acheva son grand ouvrage. La vision de Bakin commença à faiblir autour de Tenpō 4 (1833) et il est dit qu'il devint complètement aveugle autour de Tenpō 10 (1839), pourtant il ne cessa jamais d'écrire. Parler et faire enregistrer ses paroles par Michi—par ce travail collaboratif, l'imagination d'un vieil homme aveugle continua à verser sur la page. Tout comme Murasame-maru maintient la qualité de « préserver la pureté », Bakin garda la source de la créativité pure même face à la dureté de l'aveuglement. Cette correspondance, dans laquelle l'écrivain et l'épée spirituelle partagent l'esprit de « rester sans tache de souillure », a profondément ému les lecteurs à travers tous les âges qui ont suivi.